Entretien des mares de Petit Peugny et Neuvry : quand la nature a besoin d’un petit coup de pouce 

Comme tous les ans, en fin d’été et au début de l’automne, nous entretenons les mares présentes dans la Réserve naturelle de la Bassée, mais participons aussi à l’entretien de celles issues des projets « gagnant-gagnant » : la mare de Neuvry, du Petit Peugny et du Port Montain. Découverte de cette action de gestion annuelle !

Pourquoi faut-il entretenir une mare ?

Une mare, ça paraît plutôt tranquille au premier coup d’œil. Pourtant, elle mène une véritable course contre la végétation !

Au fil des années, les ligneux colonisent progressivement ses berges. Petits arbustes, puis arbres, s’installent et gagnent petit à petit du terrain. Dans l’eau, les massettes et les phragmites ne sont pas en reste, eux aussi ont tendance à s’étendre et à occuper toujours plus d’espace.

Naturellement la mare aurait tendance à se refermer progressivement. Ce qui engendrait une diminution des zones d’eau libre, une faible pénétration de la lumière dans l’eau et un appauvrissement de la diversité des habitats. À terme, notre mare pourrait donc bien finir par prendre des airs de petite forêt, et ce n’est pas vraiment ce qui est prévu dans notre programme !

C’est pourquoi nous intervenons ponctuellement pour débroussailler les abords et limiter le développement de la végétation lorsque cela est nécessaire.

Mais attention, l’objectif n’est surtout pas de faire une mare au carré, bien propre et bien nette ! La biodiversité aime le désordre. Avec notre type de gestion progressive, il ne s’agit pas de supprimer toute la végétation d’un seul coup, bien au contraire nous cherchons à conserver une mosaïque de milieux avec des zones d’eau libre, de la végétation aquatique, des berges ouvertes et des secteurs plus végétalisés servant de zones refuges.

Derrière cette petite étendue d’eau, il y a tout un petit monde qui se cache. Des amphibiens, libellules, insectes aquatiques, plantes, oiseaux et mammifères viennent y trouver un lieu de reproduction, d’alimentation ou simplement un point d’eau pour s’abreuver en ces temps de fortes chaleurs.

Mais alors pourquoi entretenir les mares toujours à cette période ?

Si nous intervenons au début de l’automne, ce n’est pas parce que nous avons soudainement envie de sortir les débroussailleuses après les vacances d’été !

La période d’entretien des mares est idéalement de mi-septembre à novembre afin de limiter les perturbations sur la faune. Effectivement, à cette période, la reproduction de nombreuses espèces aquatiques est terminée et les interventions peuvent être réalisées avec moins de risques pour les animaux présents dans la mare.

En gestion écologique, le secret est donc de savoir où intervenir, quand intervenir, comment intervenir et surtout quand ranger les outils !

Biodiversité d’une trogne de frêne ©Dominique Mansion

Les arbres têtards : une architecture au service de la biodiversité

Dans le mois de novembre, certains arbres de la mare de Neuvry vont être de nouveau mis en têtard.

Ces arbres, façonnés depuis des générations par des tailles répétées, ont une silhouette bien particulière. Mais leur intérêt ne s’arrête pas à leur drôle d’allure.

Avec l’âge, leur tronc se creuse, se fissure et accumule du bois mort. Ces arbres deviennent alors de véritables immeubles pour la biodiversité : insectes saproxyliques, champignons, lichens, oiseaux cavernicoles ou chauves-souris peuvent y trouver gîte et couvert, à des étages différents.

Et plus la trogne vieillit, plus elle peut devenir intéressante pour la biodiversité.

L’entretien des têtards doit être réalisé avec précaution et à intervalles adaptés, afin de maintenir leur structure tout en conservant les cavités, le bois mort et les différents micro-habitats qui se développent au fil du temps.

Là encore, la période d’intervention compte. Les tailles doivent être programmées en tenant compte des cycles de reproduction et de la présence éventuelle d’animaux dans les cavités.

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Entretenir mais toujours avec modération !

Qu’il s’agisse d’une mare ou d’un arbre têtard, l’objectif n’est donc pas de lutter contre la nature. Au contraire, il s’agit de l’accompagner.

Une mare trop envahie peut perdre ses zones d’eau libre. Un arbre têtard abandonné peut devenir plus fragile. Mais une intervention trop importante peut, elle aussi, avoir des conséquences sur la biodiversité.

La bonne gestion, c’est donc un peu comme une bonne recette : ni trop, ni pas assez, et surtout au bon moment !

Alors cet automne, pendant que nous sortons nos outils pour entretenir les mares et les arbres têtards, pensons à tous leurs petits habitants. Car derrière une mare qui semble bien calme ou un vieux tronc qui paraît dormir tranquillement, se cache tout un monde vivant et tout ce petit monde n’a pas forcément prévu de se montrer à nos yeux d’humains !