Retour sur les 20 ans de la Réserve naturelle de la Bassée

Les 10 et 11 septembre 2022, la Réserve naturelle de la Bassée a célébré ses 20 ans d’existence. Ce week-end événement a réuni à Mouy-sur-Seine des partenaires, des associations, des élu·e·s du territoire et le grand public.

Près de 400 personnes se sont rendues à la ferme communale de Mouy-sur-Seine pour fêter le 20ème anniversaire de la Réserve naturelle de la Bassée les 10 et 11 septembre ! Elles ont été accueillies au sein du village nature par les stands de l’ANVL, l’ANN, Pie Verte Bio 77, du PIREN-Seine, SEME, la Fédération de pêche de Seine-et-Marne et bien d’autres partenaires et associations naturalistes ou de protection de la nature. La réserve naturelle et les autres exposant·e·s ont proposé de nombreux ateliers et jeux qui ont eu beaucoup de succès, notamment auprès des familles. Ces dernières ont ainsi exploré le monde des rapaces nocturnes (dissection de pelotes de réjection, observation et jeux avec des plumes…), des mammifères (identification de traces, jeu sur leur lieu de vie…), des poissons et des plantes avec de jolies créations confectionnées par les enfants. Chaque association et structure a ainsi pu sensibiliser le public tout en faisant découvrir ses missions et activités au plus grand nombre.

Des expositions pour changer de regard

Les expositions de trois photographes (Nadine Villiers, Francis Garnier et Alain Souchet) ont permis au public de poser un nouveau regard sur les espèces de la Bassée en offrant des points de vue privilégiés sur les rapaces, les mammifères… mais aussi sur les paysages de la vallée, notamment ceux du Bois Prieux, éclairés par le soleil couchant ou sous les brumes de l’aube.  Dans le bâtiment de ferme, des panneaux dévoilaient des informations sur les espèces de la réserve, sa gestion, l’histoire de la Bassée… pour que le public se familiarise avec cet espace préservé de 854 hectares.

Des retours positifs

Les visites organisées par l’AGRENABA ont également été plébiscitées et se sont rapidement remplies. Leurs participant·e·s ont emprunté le chemin de la Cocharde ou du Bois Prieux avec les animateurs de la réserve pour en apprendre plus sur la faune, la flore, la gestion des milieux. Les retours ont été positifs et les visiteurs·ses avaient très envie de retourner sur les sentiers de la réserve ! De leur côté, les conférences ont rassemblé le public pour parler et débattre du futur de la ressource en eau (Arceau IDF), de la pollution lumineuse (ANVL) et de la gestion de la réserve de la Bassée (AGRENABA).

Une restauration diversifiée et gourmande

Entre deux activités, une petite faim guidait le public vers le foodtruck et le stand de nourriture. “Les Saveurs de Kate” nous a régalé de pâtisseries faites maison, cookies et de sandwichs, tandis que la “Cuisine du coin” nous concoctait des plats réalisés avec des produits locaux et des sablés gourmands.

Ensemble pour les 20 ans de la réserve

Le samedi soir, les élu·e·s du territoire sont allés à la rencontre des partenaires sur leur stand avant de se rassembler pour le discours de M. le Préfet, M. le Président de la Communauté de communes de la Bassée-Montois, Mme la Vice-présidente en charge de l’environnement au département de Seine-et-Marne, Mme la Conseillère départementale du canton de Provins et M. le Président de l’AGRENABA. Les ancien·ne·s et les nouveaux·lles salarié·e·s étaient également réuni·e·s pour l’occasion et tous·tes ont pu partager des moments conviviaux en faisant connaissance, en évoquant le passé de la réserve… C’est lors de cette soirée festive que la nouvelle vidéo de présentation de la réserve, créée par Claire Jarlan, a été révélée et visionnée pour la première fois par le public, avant de paraître sur les réseaux les jours suivants. La soirée s’est clôturée par un cocktail dînatoire dans une ambiance joyeuse.

Cet événement aura été riche en partage, en échanges et en bonne humeur ! L’AGRENABA remercie donc ses partenaires (exposant·e·s, restaurateurs·trices, élu·e·s…), le grand public et ses incroyables bénévoles pour cette réussite ! 

 

 

Zoom sur les étoiles

La réserve fête ses 20 ans !

Les papillons de nuit

Pollinisateurs, une diversité méconnue

Cuisine sauvage

Le forêt alluviale à la loupe

Elle recouvre 61% de la Réserve naturelle de la Bassée et renferme encore de nombreux secrets. La forêt alluviale, une forêt où les inondations sont régulières, est intimement liée au fonctionnement de la Seine et abrite une flore spécifique. Cette année, nos 4 stagiaires, encadré·e·s par nos agents, s’intéressent à ce milieu peu connu.

Depuis avril, deux équipes composées d’agents et de stagiaires arpentent la forêt alluviale de la Bassée. Leur objectif : mieux connaître sa composition et sa dynamique. Le premier groupe se concentre sur une essence d’arbre inféodée à la forêt alluviale, l’Orme lisse (Ulmus laevis). Au fil des siècles, les populations de cette espèce ont subi une forte régression due à l’altération par l’Homme de son milieu de vie. Les fleuves sont depuis longtemps modifiés pour permettre la circulation des biens et des personnes (navigation, dragages) mais aussi des activités diverses : production de denrées alimentaires (moulins), d’énergie (centrales nucléaires, barrages) et production industrielle… Les forêts à proximité de ces cours d’eau ont par conséquent vu leurs conditions hydriques fortement évoluer. Certaines ont été converties en peupleraies (culture du peuplier), fragilisant d’autant plus les populations d’Orme lisse. Aujourd’hui, l’espèce est classée comme Vulnérable en Ile-de-France même si elle bénéficie de l’arrêt de l’exploitation du bois dans certaines forêts alluviales.

Si on connaît plusieurs stations d’Orme lisse sur la réserve, on ignore le nombre exact d’individus présents, leur répartition, leur état de santé ou leur âge. La mission de l’équipe composée de Fabien, Oscar et Pierre-Adrien est de rechercher ces informations en parcourant la réserve pour répertorier les Ormes lisses, les mesurer et évaluer leur état sanitaire. En effet, l’Orme champêtre (Ulmus minor) est victime de la graphiose, un champignon (Ceratocystis ulmi) véhiculé par les scolytes, des insectes xylophages. Si ces coléoptères semblent moins apprécier l’Orme lisse, il n’est pas à l’abri d’une infection qui peut s’avérer fatale. A l’heure actuelle, près de 297 arbres ont été inventoriés sur la partie Est de la réserve. A terme, les données récoltées permettront de mieux connaître les effectifs d’Ormes lisses de la réserve et d’évaluer leur régénération car une population avec des individus de différents diamètres (et donc de différents âges) indique que la population se renouvelle. En l’absence de nouveaux individus, la population serait vieillissante (pas de renouvellement), une situation préoccupante. Notre équipe doit faire face à plusieurs difficultés : progresser dans la forêt alluviale où les arbres morts jonchent le sol n’est pas évident et les moustiques abondent dans ce milieu humide. Surtout, le principal critère de différenciation entre l’Orme lisse et son cousin l’Orme champêtre est la présence de cils (poils) sur les fruits. Or les fruits sont visibles d’avril à juin mais tombent progressivement. Une véritable course contre la montre !

feuille Orme lissefruits d'Orme lisse

mesure orme lisse

 

 

 

 

 

 

Pour repérer l’Orme lisse, on observera ses feuilles, les dents sont recourbées vers l’intérieur et ses fruits, qui portent des poils. — Oscar mesure le diamètre d’un Orme lisse.

La deuxième équipe, composée de Sophie, Oceane et Lucas, réalise la seconde édition du Protocole de Suivi Dendrométrique des Réserves Forestières (PSDRF) sur des emplacements (placettes) définis en 2002, lors de la première application de ce protocole. 22 placettes feront l’objet d’études : mesure du diamètre des troncs, de la dureté du bois mort, identification des essences d’arbres et des micro-habitats présents sur les arbres. Réalisé tous les 10 ans, le PSDRF informe les gestionnaires sur l’état de santé des forêts par l’observation de sa régénération (arbustes récemment semés, présence de vieux arbres…) et l’accroissement du diamètre des troncs. Il évalue également la capacité de la forêt à accueillir la biodiversité en recensant les petits habitats créés par l’action des oiseaux, des champignons … ou naturellement présents sur l’arbre (cavités, fourches, etc.) qui sont autant de lieux de refuge, nutrition, etc. pour les plantes et les animaux. Toujours dans cet objectif, la quantification du bois mort est particulièrement importante puisque 20% à 25% des espèces forestières dépendent de cette ressource en raréfaction. Enfin, les données récupérées et l’évolution qu’elles dessinent peuvent permettre de voir les effets du réchauffement climatique et/ou de la modification du milieu lorsque des essences d’arbres disparaissent ou sont remplacées par d’autres aux exigences différentes.

Protocole forestier PSDRF      Protocole forestier PSDRF
Identification des essences à proximité du piquet — Mesure du diamètre d’un morceau de tronc tombé

Les résultats de l’analyse des observations de ces deux groupes permettront d’en apprendre plus sur la forêt alluviale de la Bassée. Rendez-vous donc en juillet pour en savoir plus !

 

Au fil des araignées

Promenade contée

À l’écoute des amphibiens