Historique

L’occupation par l’Homme en vallée de la Seine et plus particulièrement en Bassée remonte à une époque très ancienne.
Dès la fin du Paléolithiques (-10 000 ans avant notre ère), les premières traces d’hommes cueilleurs-chasseurs apparaissent. Mais c’est au cours de la première moitié du Vème millénaire avant notre ère que les hommes de culture Néolithique arrivés dans le bassin Parisien colonisent cette vallée jusqu’ici peu accueillante.
Ces agriculteurs défrichent la forêt environnante pour pratiquer l’agriculture et l’élevage.

Dans la dernière moitié de ce millénaire, les hommes investissent le fond de la vallée s’installant sur les dômes de graviers. Ils défrichent la forêt sur de grandes surfaces pour accroître les terres mises en cultures mais également pour créer de nouveaux pâturages nécessaires à l’élevage de bœufs.
Ces pratiques agricoles associées à la déforestation se poursuivent au cours des siècles suivants.

Au cours du XVIIIème siècle, la Bassée est essentiellement constituée de prairies de fauche et de pâtures comme le confirment les cartes Cassigni (1757).
Grâce aux inondations récurrentes, ces prairies fournissent un fourrage d’excellente qualité servant de nourriture au bétail ainsi qu’aux chevaux sur Paris, utilisés jadis comme moyen de locomotion.
Quelques bois y persistent dont les principaux sont les Bas Buis (aujourd’hui le Bois de Veuve) et le bois de Melz-sur-Seine en ce qui concerne la Bassée Seine-et-Marnaise d’aujourd’hui. Les prairies et les pâtures sont adaptées à l’inondabilité de la plaine et à la mauvaise structure des sols alluviaux.
Les cartes d’état-major du XIXème siècle relatent encore la présence de bois déjà existants en 1757.

Carte Cassigni

Les modifications socio-économiques qui se succèdent depuis 1900 ont entraîné l’abandon de la plus grande partie des prairies notamment les plus humides qui sont colonisées par les boisements ou alors plantées en peupliers.
Depuis 1955, 80% des prairies humides de la Bassée seine-et-marnaise ont disparu soit une surface d’environ 1000 ha.
L’apparition des pratiques agricoles modernes a modifié sensiblement la physionomie de paysage du fond des vallées. Les prairies  disparaissent au profit des champs cultivés.

Depuis les années 1970, la surface agricole utile (SAU) en Bassée régresse et cède la place à des exploitations d’alluvions. Les alluvions anciennes, constitués de sables et graviers, représentent un gisement important de granulats de bonne qualité. Leur exploitation engendre systématiquement l’apparition de plans d’eau hétéroclites, aux dépens de l’agriculture.